Pourquoi se comparer aux autres influence l’estime de soi et comment la regagner

Vous êtes vous déjà senti rapetisser à mesure que vous vous comparez à autrui? Ou c’est peut-être cette voix critique qui prend plus de place et fait la liste de toutes les choses que vous ne faites pas aussi bien. Se comparer aux autres a une influence directe sur son niveau d’estime de soi et la perception qu’on a de son job, ses relations et sa vie en général.

Pour illustrer ce point, regardez l’image ci-dessous. Quel cercle orange est le plus grand, celui de droite ou de gauche?

Bon, peut-être connaissez-vous déjà cette expérience et vous me direz en mode 1er de la classer que les deux cercles sont de la même taille. Et vous auriez tout à fait raison! Mais je suis persuadée que tout en le sachant, vous ne pouvez vous empêcher de percevoir celui de droite comme plus grand. Pas vrai?

C’est parce que notre cerveau est constamment en train de comparer. C’est le cas pour des stimuli visuels (celui-ci s’appelle l’illusion d’Ebbinghaus) mais c’est également le cas pour plein d’autres aspects de notre vie.

 

Notre cerveau ne fonctionne pas en terme d’absolu.

Nous utilisons des points de référence pour comparer et juger si quelque chose est similaire ou non, meilleur ou pire, plus haut ou plus bas.

Nous appliquons cela également à nous-même. En tant qu’être humain, nous faisons d’abord l’expérience de l’unité avec la mère (dans le ventre et pour quelques mois encore après la naissance). Puis nous développons progressivement le sens de la séparation et d’être une entité à part entière. Notre expérience du soi et notre place dans le groupe est définie en opposition et comparaison à l’autre. Faire partie du groupe, ressentir l’amour et l’appartenance sont fondamentaux pour notre espèce pour assurer notre survie en tant qu’individu.

 

Nous sommes constamment en train de nous comparer et nous juger par rapport à un point de référence.

Il existe deux types de points de référence:

  • Autrui (aussi appelé la comparaison sociale)

Nous comparons notre apparence physique, style vestimentaire, job, salaire, maison, voiture, statut social, enfants, relations etc…

  • Une version passée de nous-même (aussi appelé nostalgie 😉)

Nous utilisons des expressions du style: comme la vie était plus simple avant! Nous repensons à tous ces moments où nous nous sentions tellement plus heureux dans notre job ou dans nos relations intimes.

D’où cette interrogation: quel serait un point de référence raisonnable? Malheureusement, notre cerveau ne choisit pas forcément le point de comparaison le plus juste. Il prend ce qu’il y a autour.

La théorie de la comparaison sociale distingue deux types de dynamiques. La comparaison sociale ascendante qui revient à se comparer à des gens que nous considérons comme « supérieurs » ayant des caractéristiques positives. Dans l’autre sens il y a la comparaison social descendante, nous nous comparons alors à des gens que nous considérons comme « inférieurs » ou qui ont des caractéristiques négatives (non souhaitables).

 

Quel impact de la comparaison sociale sur l’estime de soi.

La comparaison sociale ascendante peut avoir un impact positif lorsqu’elle contribue à l’établissement d’un objectif aspirationnel de la personne que nous souhaiterions être. Cependant, notre mental a tendance à focaliser son attention sur le négatif et sur le manque. Un phénomène que les neuropsychologues appellent le Biais Cognitif de Négativité (en savoir plus et découvrir comment le contrer). La conséquence de ce biais est l’impact négatif de cette comparaison ascendante sur notre manière de nous évaluer par rapport aux autres et sur notre estime de soi (e.g. notre capacité à, valeur, réussite).

 

Plus récemment, la montée en puissance des réseaux sociaux à amplifié ce phénomène de comparaison sociale ascendante. En effet, ces plateformes nous offrent la possibilité de sélectionner, filtrer et retoucher méticuleusement une image idéale de soi bien éloignée de la réalité. Dans l’étude américaine Social comparison, social media, and self-esteem publiée en 2014, Erin Vogel, Jason P. Rose, et Lindsay Roberts ont étudié l’impact de la comparaison sociale sur les utilisateurs de Facebook.

Voici quelques-unes de leurs conclusions:

  • Nous avons tendance à focaliser plus notre attention sur la comparaison sociale ascendante que descendante
  • La comparaison sociale ascendante a un impact négatif sur le niveau d’estime de soi et sur notre évaluation de nous-même
  • La comparaison sociale descendante n’a quand à elle pas d’impact sur le niveau d’estime de soi

 

En d’autres termes, nous avons tendance à penser que l’herbe est beaucoup plus verte ailleurs et ceci influence négativement notre perception de nous-même par rapport aux autres et de notre propre valeur. Cependant, l’inverse n’est pas vrai. Se comparer à quelqu’un qui aurait une vie moins bonne que la notre ne nous fait pas nous sentir meilleur.

 

Que faire quand vous vous retrouvez en mode « je me compare frénétiquement aux autres » #viebienpourrie?

#1| En prendre conscience et dire STOP

Comme vous le savez sûrement déjà ou l’avez lu dans d’autres articles de ce blog, la prise de conscience est la première étape nécessaire pour tout changement. Appuyez sur pause et mettez-vous à l’écoute de votre corps. Comment vous sentez-vous? Avez-vous l’impression de ne pas être assez capable, intelligent, doué, beau ou un tout autre « pas assez »? Vous sentez-vous triste, coupable, frustré, honteux? Si vous répondez oui à l’une de ces questions, il est temps de crier STOP (oui, oui, c’est mieux de le dire tout haut!).

 

#2| Prendre du recul et écouter le message

Passé l’état de choc causé par le cri (j’espère que votre mental en est resté coi!), vous êtes maintenant dans la capacité de prendre de la distance par rapport à ces pensées. Questionnez-vous pour comprendre ce que la comparaison avec cette personne génère très précisément en vous et de quoi cela relève. Est-ce lié à des signes extérieurs de réussite, d’amour ou de bonheur? Ou des compétences que vous n’avez pas? Quelles sont vos attentes par rapport à vous-même? D’où viennent-elles? Est-ce vous qui les avez définies? Ou viennent-elles de ce que vous pensez que la société ou votre entourage attend de vous?

 

#3| Etre reconnaissant pour la personne que vous êtes et ce que vous avez déjà

Transformez l’énergie du jugement, de la critique et du manque en amour, éloge et gratitude pour la personne que vous êtes et les gens et les choses matérielles que vous avez déjà dans votre vie. Je sais que ça peut paraître naïf mais il ne s’agit pas juste d’en faire la liste dans votre tête. Il s’agit réellement de ressentir le sentiment de gratitude dans votre corps. Si vous restez dans le mental, cela ne changera pas la manière dont vous vous sentez.

 

Passez à l’action

ACTION 1| Faire la liste de ce dont vous êtes jaloux

Etre envieux n’est pas quelque chose de mauvais si vous passez en mode pro-actif. Voici comment.

    1. Faites la liste de 3 personnes que vous enviez
    2. Identifiez très spécifiquement ce que vous enviez chez eux
    3. Notez le secret désir qui se cache derrière
    4. Ecrivez une action à mettre en place immédiatement dans la direction de ce désir

 

ACTION 2| Ecrire une déclaration d’amour de soi

S’il existe en vous un juge assez critique et que vous avez du mal à reconnaître vos qualités, voici quelque chose à faire absolument pour booster l’estime de soi (cul-cul ou pas cul-cul!). Prenez une belle feuille de papier, un stylo de couleur et écrivez tout ce que vous aimez chez vous.

Cela peut paraître difficile au début. Commencez par les « petites » choses. Par exemple: votre sourire, votre sens des responsabilités, la manière dont vous avez géré certaines situations de votre vie… Cela doit être lié à VOUS directement et non pas le fait que vous avez une amie ou un frère formidable.

Listez au minimum 30 choses et si vous vous sentez l’inspiration couler à flots, continuez d’écrire jusqu’à plus d’encre! Une fois terminée, je vous conseille de lire cette lettre à voix haute.

 

ACTION 3| Créer un rituel de gratitude

Cultiver l’énergie de la gratitude et de l’amour de ce qui est déjà présent est fondamental pour faire l’expérience du bonheur au quotidien. Comme nous l’avons vu, ce n’est pas forcément le mode de fonctionnement de notre cerveau. Cela peut donc demander un peu d’entraînement au début. Je vous assure que développer cette habitude va aider votre cerveau à se focaliser sur le positif et reconnaître les opportunités offertes par chaque événement de vie. Cela vous permettra de passer du mode victime des circonstances à la reprise du leadership de votre vie.

Offrez-vous un beau carnet et prenez 5 minutes chaque soir avant de vous coucher pour écrire 3 choses pour lesquelles vous éprouvez de la gratitude. Vous pouvez également le faire dans votre tête. Le plus important est de ressentir cette gratitude dans votre corps. Focalisez votre attention sur vos pensées et la manière dont ces mots résonnent en vous.

Sentez-vous libre d’écrire un commentaire et partager votre propre expérience. Que ressentez-vous lorsque vous vous comparez aux autres? Quel impact sur votre estime de vous-mêmes et que faites vous pour en ressortir grandi?

 

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